Né en 1947, dans les régions minières de l'Est de la France, en Lorraine, Serge Valdinoci a reçu l'enseignement scientifique et philosophique unique en son genre de Raymond Ruyer, à la Faculté de Philosophie de Nancy.
Il soutient en 1977 un
Doctorat d'État en philosophie aux termes de recherches dirigées par Paul Ricœur, et sous la Présidence de Jury d'Emmanuel Levinas : Les Fondements de la phénoménologie husserlienne (publié chez NIJHOFF en 1982).
Il publie alors dans
La Revue de Philosophie et de Morale, dans les Analecta Husserliana, dans Les Études Philosophiques, ou encore Les Cahiers du Centre International de Philosophie.

 

Après avoir enseigné à l'École Normale, il sera recruté par l'université de Reims où il prodiguera un enseignement de Philosophie contemporaine pendant toute sa carrière : Nietzsche en première année de DEUG (parfois Pascal) ; Heidegger en deuxième année ; Hegel et Husserl en Licence ; Merleau-Ponty en Maîtrise, puis les propres avancées de sa recherche sous la forme d'un Séminaire d'europanalyse à partir des années 1990.

 

L'orientation de ses travaux vers la Psychiatrie existentielle, celle de Binswanger, de Straus, ou de Tellenbach, l'amène à collaborer avec Georges Lanteri-Laura, Arthur Tatossian, Pierre Fédida ou Jacques Schotte, notamment en 1989 à l'occasion du Colloque de Cerisy Psychiatrie et Existence (publié chez Jérôme Millon en 1991), Décade où ses travaux côtoient ceux les auteurs les plus notables de cette période de la psychiatrie phénoménologique : M. Henry (qui prépare alors sa Généalogie de la psychanalyse), W. Blankenburg, B. Kimura, R. Kuhn, H. Maldiney, H. Tellenbach, G. Thinès (le traducteur de Erwin Straus).
Il publie alors dans
L'Évolution psychiatrique, chez Érès, et au CNRS.
De ses travaux de psychiatrie, il produit une grande synthèse  :
Le Principe d'Existence (paru chez NIJHOFF en 1988), dont les analyses abordent notamment les concepts de fracture de la perception, d'abîme linguistique, à travers la figure de Kafka, le concept de Désituation, mais où surtout il donne les bases de son travail ultérieur sur la métaphore première prototypale : la protophore (à travers la confrontation de Natanson et de Perelman) et sur le pathos de la génialité mélancolique et la pathique du texte.

 

À partir de 1987, il co-fonde avec François Laruelle la revue La Décision Philosophique, et participera, jusqu'en 1998, par son compagnonnage théorique, à la définition des enjeux de la Non-Philosophie promue par ce dernier, dont le projet consiste à proposer un dépassement des syntaxes circonscrites de la Déconstruction (Derrida, Heidegger) et du Différentialisme (Deleuze, Nietzsche), pour les étendre à l'ensemble des mécanismes de la Philosophie, prise comme matière éthologique et discursive à observer, mais désormais depuis les exigences d'une immanence radicale (Henry, Fichte), celle de l'Un non-thétique -- en tant qu'expérience minoritaire que l'homme (fait irréductiblement (de)) lui-même, irréductiblement et unilatéralement à tout effet sur lui des Autorités que sont Le Langage, L'Histoire, La Structure, L'Anthropologie etc.
C'est dans ce cadre qu'il publie, en 1990, le premier ouvrage d'
europanalyse dans la collection Res - L'Invention Philosophique dirigée par François Laruelle (aux éditions Aubier) : Krisis 2. Introduction dans l'europanalyse : transformer la phénoménologie de Husserl pour fonder la philosophie.
Il donne alors dans ce livre les bases théoriques de la
méthode europanalytique : les concepts d'écumène, d'ascendantal, de tact, mais aussi la figure nodale du theoros, l'apposition (syntaxe de l'invention comme "virgule d'univers" dans la pensée, où l'on reconnaît les "lignes transspatiales" de Ruyer), et la notion pivotale d'endoception (au-delà de l'endon de Tellenbach) : saisie en Interne.

 

En trois ans, de 1995 à 1997, il publie sa "trilogie de Feu" : Vers Une Méthode d'europanalyse (dans la collection La Philosophie en commun dirigée par P. Vermeren, J. Poulain et S. Douailler aux éditions de L'Harmattan) ; La Traversée de l'immanence (aux éditions Kimé, dans La Bibliothèque de Non-Philosophie) ; La Science première (chez L'Harmattan).
Le premier ouvrage élabore de manière critique, à partir de
l'œuvre au noir de la mystique, les coordonnées de l'europanalyse en regard des contemporains : les dernières avancées de Merleau-Ponty dans Le Visible et l'invisible vers une "endo-ontologie", un domaine "ultraperceptif" etc. ; les démantèlements de la Présence par Derrida, en dépit d'une préséance d'amont immanent ; les modélisations d'histoire de la phénoménologie de J.-L. Marion qui énoncent une règle de proportionnalité (d'autant plus de Réduction d'autant plus de Donation), que Serge Valdinoci corrige en un modèle non transcendant d'identité : Réduction = Donation – dans le but de construire une clinique affective de la pensée.
Le second ouvrage, à la façon de la cathédrale proustienne, déploie un système immanent structuré, qui établit conceptuellement (en termes de problématique),  en même temps que dans l'ordre vécu des affects sémantiques (en termes d'emblématique), les éléments de fonctionnement pour comprendre l'
invention comme noyau de réel, et d'en extraire une méthode autant qu'une pédagogie qui reposent sur une transsubstantiation du texte et de l'intuition l'un par l'autre.
Le troisième ouvrage pose une
logique processuelle interne de l'invention, décrite en trois temps, mais qui se démarque de la logique absorptive de Hegel : Hebung / Aushebung / Erhebung. Cette logique rend compte de l'expérience de zigzag (Husserl) et d'enroulement (l'Éternel Retour du Même nietzschéen) à laquelle l'invention donne lieu dans une modélisation qui ne recourt pas à la transcendance pour se constituer, mais à l'Éprouver.

 

Cette matrice théorique, développant sa propre structure de pensée, et dans un édifice théorique colosséen, ne trouve plus de place adéquate et propice à l'intérieur des développements de la Non-Philosophie. Serge Valdinoci prend alors, à partir de 1998, ses distances avec l'entreprise laruellienne, en donnant une dernière contribution au Dictionnaire de Non-Philosophie (aux éditions Kimé), aux côtés de T. Brachet (secrétaire de l'Encyclopédie Philosophique Universelle dirigée par A. Jacob pour les P.U.F.), de L. Leroy, ou encore de D. Nicolet (grand spécialiste de Wittgenstein).
Parmi les chercheurs émergents qui gravitent autour du projet de la Non-Philosophie,
Didier Moulinier, spécialiste de la psychanalyse lacanienne, fondateur des éditions Les Contemporains favoris (Suel, Tarkos, Bobillot, Nève...) et directeur des fils d'information Philosophie en France et Les Livres de Philosophie, est le premier auteur à publier des articles sur l'europanalyse : [lien]

 

Serge Valdinoci donne en 1997 à la Bibliothèque Carnegie de Reims, à l'invitation du Cercle L'Impossible, une conférence retentissante sur Georges Bataille : L'Économie du sacrifice dont la retranscription paraîtra en 2003 aux éditions du Clou dans le Fer (Stéphane Pihet / Mickaël Batalla).
Son passage à Reims ces
16 & 17 octobre est non seulement l'occasion de l'écouter prononcer une nouvelle conférence, cette fois-ci sur ces Phrères en Abîme et en Absurde que furent les membres du Grand Jeu : René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte et André Rolland de Renévile, mais elle est l'occasion, lors de cette MasterClass, de voir combien les prolongements qu'il a donné à sa pensée
sur l'effroi sacré, sur le retentissement comme sidération, ou sur les figures du Virtuoso et du Médiateur (Le Feu de la pensée sacrée, en 2001, chez L'Harmattan) ; sur la lecture merleau-pontyenne des structures de l'invisible (Merleau-Ponty dans l'invisible, en 2003) ; ou encore sur l'esthésiologie du sommeil et de l'attente, sur la dépressibilité créatrice comme condition rien-qu'humaine et sur l'exploration des supports civilisationnels d'identité – état civil, carte d’identité, passeport (phénomène affectif, en 2008) – ont développé à d'autres échelles, à d'autres niveaux d'intelligibilité, les modèles qu'il proposait, et de mesurer, autant le chemin parcouru par son œuvre ses dernières années, que les perspectives ouvertes où s'engager pour les périodes qui viennent...

 

Sur inscription (jauge limitée pour raison de protocole sanitaire).

Participation au frais : 25€ (repas compris)

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